Mains tenant délicatement une jeune pousse verte symbole de croissance et d'impact positif
Publié le 15 mars 2024

Investir dans un fonds solidaire 90/10 n’est pas un sacrifice de rendement, mais une stratégie patrimoniale complète.

  • La poche « solidaire » (10%), décorrélée des marchés, stabilise la performance globale tout en finançant des projets à impact.
  • L’agrément ESUS garantit un impact social réel et ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu majorée, un levier souvent méconnu.

Recommandation : Auditez les fonds de votre PEE/PERCO (via leur classification SFDR) et arbitrez vers un fonds 90/10 labellisé Finansol pour un impact concret et traçable.

Votre épargne salariale, logée dans un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ou un PERCO, représente souvent une part significative de votre patrimoine. Pourtant, pour de nombreux salariés, elle reste une boîte noire. On choisit par défaut un fonds « équilibré » ou « dynamique » sans vraiment savoir quelles entreprises il finance, ni quel est son impact réel sur la société ou l’environnement. Cette opacité nourrit une frustration : celle de posséder un capital qui travaille, mais sans savoir pour qui, ni pour quoi.

Face à cette interrogation, la tentation est grande de se tourner vers des solutions labellisées « responsables » ou « ISR ». Cependant, ces labels, bien qu’utiles, ne garantissent pas toujours une traçabilité parfaite et peuvent parfois masquer des pratiques de « greenwashing ». La question demeure : comment s’assurer que son argent ne finance pas des activités contraires à ses valeurs, sans pour autant sacrifier la performance financière indispensable à la constitution d’un capital pour vos projets de vie ?

Et si la véritable clé n’était pas de choisir entre sens et rendement, mais de comprendre le mécanisme qui permet de les réconcilier ? L’ingénierie financière des fonds solidaires « 90/10 », une spécificité française, offre précisément cette double promesse. Bien au-delà d’un simple geste de « bonne conscience », ils constituent un outil patrimonial puissant, doté d’une logique de performance, d’une traçabilité concrète et d’avantages fiscaux souvent sous-estimés.

Cet article se propose de décortiquer pour vous cette mécanique. Nous verrons pourquoi votre épargne peut avoir une empreinte carbone insoupçonnée, comment la structure des fonds 90/10 protège leur performance, où va concrètement votre argent, et comment utiliser ces placements pour optimiser intelligemment votre fiscalité. Vous découvrirez comment passer du statut d’épargnant passif à celui d’investisseur éclairé et impactant.

Pourquoi votre épargne pollue-t-elle potentiellement plus que votre voiture ?

C’est une réalité choquante mais documentée : l’impact climatique de notre argent dormant dans les banques est souvent colossal et invisible. La raison est simple : les banques traditionnelles utilisent les dépôts pour financer et investir dans de nombreuses activités, y compris des secteurs très émetteurs de gaz à effet de serre comme les énergies fossiles. Votre épargne n’est donc pas neutre ; elle participe activement à un modèle économique que vous cherchez peut-être à combattre par vos gestes quotidiens. Les chiffres sont éloquents : selon La NEF et le Ministère de la Transition écologique, 25 000 euros placés dans une grande banque française émettent en moyenne 12 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit plus que l’empreinte carbone annuelle totale d’un Français moyen (8,9 tonnes).

Cette prise de conscience est essentielle. Comme le résume parfaitement Alexandre Poidatz, d’Oxfam France :

la première empreinte carbone individuelle, sans qu’on le sache, c’est notre compte en banque. Notre argent n’est pas du tout neutre vis-à-vis du climat.

– Alexandre Poidatz, Oxfam France, chargé de plaidoyer financement de la transition écologique

Cette opacité est particulièrement vraie pour les plans d’épargne salariale, où les fonds proposés peuvent être des « fonds diversifiés » sans grande transparence. Heureusement, la réglementation européenne SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) offre un premier outil d’audit. Elle classe les fonds en trois catégories : Article 6 (sans aucun objectif durable), Article 8 (promeut des caractéristiques ESG, mais avec un risque de greenwashing) et Article 9 (vise un objectif d’investissement durable clair). Un fonds 90/10 labellisé Finansol sera quasiment toujours classé Article 9, offrant la meilleure garantie d’impact. Exiger de connaître cette classification est le premier pas pour reprendre le contrôle.

Plan d’action : Auditer l’impact réel de votre PEE

  1. Points de contact : Identifiez où trouver l’information. Listez les canaux disponibles : intranet de l’entreprise, portail de votre gestionnaire d’épargne salariale (Amundi, Natixis…), ou en demandant directement le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) de chaque fonds à votre service RH.
  2. Collecte : Inventoriez les fonds proposés dans votre PEE/PERCO. Pour chacun, trouvez sa classification SFDR (Article 6, 8 ou 9) et la présence éventuelle du label Finansol.
  3. Cohérence : Confrontez les fonds « Article 8 » à vos valeurs. Vérifiez leur portefeuille (s’il est public) pour voir s’ils financent encore des secteurs que vous jugez controversés (armement, énergies fossiles…).
  4. Mémorabilité/émotion : Repérez l’offre unique et véritablement engageante (ex: un fonds 90/10 qui finance une association que vous connaissez) par rapport aux offres génériques et vagues (ex: un « fonds diversifié Monde ESG »).
  5. Plan d’intégration : Demandez un arbitrage de vos avoirs vers le fonds le plus vertueux. Si aucune option satisfaisante n’existe, adressez une demande formelle à vos représentants du personnel ou à votre direction pour l’ajout d’un fonds 90/10 labellisé Finansol.

En comprenant ce mécanisme, vous transformez un problème invisible en une opportunité d’action concrète, directement depuis votre espace épargnant.

Pourquoi les fonds labellisés Finansol performent-ils autant que les fonds classiques sur 5 ans ?

L’une des craintes les plus répandues concernant l’investissement solidaire est le sacrifice de la performance. Or, les données montrent que les fonds solidaires 90/10, notamment ceux labellisés Finansol, affichent des performances à moyen et long terme tout à fait comparables à celles des fonds traditionnels. Loin d’être un hasard, ce résultat est le fruit d’une ingénierie de performance bien précise, qui repose sur la structure même du fonds. Ce succès explique en partie leur croissance : les fonds d’épargne salariale solidaires (FCPE solidaires) atteignent 16,3 milliards d’euros en 2024, marquant une progression notable.

Le secret réside dans la répartition de l’actif :

  • La poche de 90% (le moteur de rendement) : Cette part majoritaire est investie sur les marchés financiers classiques (actions, obligations) comme n’importe quel autre fonds d’épargne. Elle est gérée activement par des professionnels dont l’objectif est de maximiser la performance financière, en suivant une stratégie définie (prudente, équilibrée, dynamique). C’est cette poche qui génère l’essentiel du rendement du fonds.
  • La poche de 5 à 10% (le stabilisateur d’impact) : C’est ici que réside la solidarité. Cette part minoritaire est investie dans des entreprises non cotées, agréées « Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale » (ESUS). Ces entreprises (associations, coopératives, foncières solidaires) ont un modèle économique dont le rendement est faible ou nul, mais dont la performance sociale ou environnementale est très forte.

La clé de la performance globale est que la poche de 10% solidaire, dont la performance est généralement décorrélée de celle des marchés boursiers, agit comme un amortisseur. En période de forte baisse des marchés, cette poche stable ne s’effondre pas, ce qui lisse la performance globale du fonds. À l’inverse, en période de hausse, sa faible contribution est largement compensée par la performance de la poche de 90%. Vous bénéficiez donc du potentiel des marchés financiers tout en finançant l’économie réelle, avec un effet stabilisateur en prime.

Étude de Cas : Le succès du fonds Insertion Emplois Dynamique

Géré par Mirova, filiale de Natixis, le fonds Insertion Emplois Dynamique est un exemple emblématique du succès des fonds 90/10. Ses encours sont passés de 250 millions d’euros en 2015 à près de 1,1 milliard fin 2023. Sur la même période, sa poche solidaire a été multipliée par cinq, passant de 17 à 83 millions d’euros. Cet argent finance des sociétés qui créent des emplois nets en France tout en respectant des exigences extra-financières strictes, démontrant que performance financière à grande échelle et impact social direct peuvent aller de pair.

L’investissement dans un fonds 90/10 n’est donc pas un acte de charité, mais un arbitrage patrimonial intelligent qui combine deux logiques d’investissement complémentaires au sein d’un même produit.

Où va concrètement votre argent quand vous investissez dans une foncière solidaire régionale ?

« Financer l’économie réelle et solidaire » est une belle promesse, mais elle reste souvent abstraite. L’un des atouts majeurs des fonds 90/10 est précisément la traçabilité concrète de la poche solidaire. Contrairement à un fonds actions classique qui investit dans des multinationales, la poche solidaire finance des structures à taille humaine, souvent ancrées dans les territoires. Pour comprendre le parcours de votre euro, l’exemple des foncières solidaires est particulièrement parlant.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Comme le montre ce schéma, chaque étape joue un rôle crucial. Le flux de l’investissement est ainsi optimisé pour un impact local et mesurable.

Une foncière solidaire est une entreprise dont la mission est d’acquérir des biens immobiliers (terres agricoles, locaux commerciaux, logements sociaux) pour les soustraire à la spéculation et les louer à des conditions abordables à des porteurs de projets à impact (agriculteurs bio, artisans, associations…). En investissant dans un fonds 90/10 qui dirige sa poche solidaire vers une telle foncière, vous pouvez suivre le cheminement de votre argent :

  1. Vous placez 1000 € de votre PEE dans un fonds 90/10.
  2. Le gérant du fonds investit 100 € (la poche de 10%) dans la foncière solidaire « Terre de Liens », par exemple.
  3. Avec ces 100 €, « Terre de Liens » achète, disons, 5 m² de terre agricole en Bretagne qui étaient menacées par l’urbanisation.
  4. La foncière loue ensuite cette parcelle à un jeune agriculteur qui souhaite se lancer en agriculture biologique mais n’a pas les moyens d’acheter la terre.

Étude de Cas : Terre de Liens, la traçabilité de l’épargne agricole

Terre de Liens est une foncière solidaire emblématique qui permet de suivre précisément le parcours de l’investissement. L’épargnant qui place son argent dans un fonds 90/10 partenaire voit sa poche solidaire directement investie dans l’achat de terres agricoles. Pour un investissement de 1000€, cela peut représenter 50m² de terre préservée de l’artificialisation. Le rendement financier est faible (autour de 1-2%), mais l’impact est parfaitement mesurable et concret : des mètres carrés de biodiversité protégés, la conversion à une agriculture durable et la création d’un emploi agricole local non délocalisable.

Cet investissement transforme un capital financier en capital naturel et humain. Vous ne détenez plus seulement une ligne sur un relevé de compte, mais une part symbolique d’un projet tangible dont vous pouvez suivre les bénéfices pour la communauté et l’environnement.

Entreprise à mission ou agrément ESUS : quelle différence pour l’investisseur particulier ?

Dans l’univers de l’investissement à impact, les labels et statuts se multiplient, créant une certaine confusion. Deux termes reviennent souvent : « Entreprise à Mission » et « Agrément ESUS ». Pour l’investisseur qui souhaite s’assurer que son argent a un impact social maximal, la distinction est fondamentale. Le statut d’entreprise à mission, introduit par la loi Pacte de 2019, permet à une société d’inscrire une « raison d’être » sociale ou environnementale dans ses statuts. C’est un signal positif, mais qui a ses limites. Le cas de Danone, devenu entreprise à mission en 2020 avant de licencier son PDG Emmanuel Faber en 2021 sous la pression d’actionnaires focalisés sur le profit, illustre que l’objectif de rentabilité financière prime toujours sur la mission sociale.

L’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) va beaucoup plus loin. C’est un agrément délivré par l’État qui impose des conditions très strictes : l’entreprise doit avoir un objectif d’utilité sociale qui doit être son activité principale, sa politique de rémunération est strictement encadrée pour limiter les écarts de salaires, et les bénéfices sont majoritairement réinvestis dans l’entreprise. C’est cet agrément qui rend une entreprise éligible à la poche « solidaire » des fonds 90/10. Pour l’investisseur, c’est la garantie que l’impact social n’est pas une option, mais le cœur du réacteur de l’entreprise financée.

Le tableau suivant synthétise les différences cruciales pour un investisseur particulier, notamment en matière d’avantages fiscaux, un point souvent décisif.

Entreprise à mission vs Agrément ESUS : comparatif pour l’investisseur
Critère Agrément ESUS Entreprise à mission
Nature juridique Agrément officiel délivré par l’État (DREETS) Statut inscrit dans les statuts de l’entreprise (Loi Pacte 2019)
Objectif principal Utilité sociale obligatoire (impact sur 66% des charges d’exploitation) Raison d’être sociale/environnementale sans primauté sur le profit
Encadrement des rémunérations Écart salarial plafonné : moyenne des 5 mieux payés ≤ 7x SMIC, maximum ≤ 10x SMIC Aucune contrainte spécifique
Avantage fiscal pour l’investisseur Réduction IR-PME majorée à 25% (vs 18% classique) entre juin 2024 et septembre 2026 Pas d’avantage fiscal spécifique
Accès au financement solidaire Éligible aux fonds 90/10 de l’épargne salariale solidaire Non éligible automatiquement
Durée de validité 5 ans (2 ans si entreprise créée depuis moins de 3 ans) Permanent tant que les statuts ne sont pas modifiés
Contrôle externe Vérification par l’administration pour renouvellement Évaluation par organisme tiers indépendant de l’exécution de la mission

En tant qu’investisseur, privilégier les fonds qui financent des entreprises agréées ESUS, c’est donc opter pour le plus haut standard de garantie en matière d’impact social et, comme nous le verrons, d’optimisation fiscale.

L’erreur d’investir son épargne de précaution dans des parts sociales bloquées 5 ans

Donner du sens à son épargne est une démarche vertueuse, mais elle ne doit pas faire oublier les principes de base de la gestion de patrimoine. L’une des erreurs les plus courantes est de confondre les différents types d’épargne et leurs horizons de temps. En particulier, il est crucial de ne jamais placer son épargne de précaution – l’argent destiné aux imprévus (panne de voiture, frais de santé…) – dans des produits d’investissement dont les fonds sont bloqués, même s’ils sont solidaires. Les parts sociales de certaines structures ou les investissements en crowdfunding, bien que porteurs de sens, sont souvent illiquides : vous ne pouvez pas récupérer votre argent avant une échéance de 5, 7 ou même 10 ans.

Cette contrainte de blocage est un facteur clé à intégrer dans sa stratégie. D’ailleurs, selon le Baromètre AMF de l’épargne 2024, si la majorité des Français accepte une immobilisation d’au moins 3 ans pour un placement risqué, un blocage de plus de 10 ans reste difficilement accepté. Il est donc fondamental de structurer son épargne selon une « pyramide de liquidité », où chaque étage correspond à un besoin et un niveau de disponibilité différent.

L’épargne solidaire peut s’intégrer à chaque niveau de cette pyramide, à condition de choisir le bon produit. Les fonds 90/10 d’un PEE, par exemple, sont bloqués pour 5 ans mais offrent plus de 10 cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, mariage, naissance, rupture du contrat de travail…), ce qui leur confère une liquidité bien supérieure à celle des parts sociales.

Votre feuille de route pratique : la pyramide de liquidité de l’épargne solidaire

  1. Points de contact (Base : Épargne de Précaution) : Allouez 3 à 6 mois de salaire sur des livrets 100% liquides. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), dont une partie finance l’ESS, est le choix idéal.
  2. Collecte (Milieu : Épargne de Projet) : Pour vos projets à moyen terme (3-8 ans), utilisez les fonds 90/10 de votre PEE/PERCO. Ils sont bloqués mais disposent de multiples cas de déblocage anticipé pour les grands événements de la vie.
  3. Cohérence (Sommet : Épargne Long Terme) : Réservez aux investissements les plus illiquides (crowdfunding, parts sociales) uniquement l’argent dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin avant 5 à 10 ans.
  4. Mémorabilité/émotion (Audit du Risque) : Avant tout investissement bloqué, posez-vous la question : « Suis-je prêt à perdre une partie ou la totalité de cette somme et à ne pas y toucher pendant X années ? ». La réponse doit être un « oui » sans équivoque.
  5. Plan d’intégration (Structuration) : Faites le point sur votre épargne actuelle et ré-allouez les montants selon ces trois étages pour vous assurer que votre matelas de sécurité reste toujours disponible.

Cette structuration est la clé d’une stratégie d’investissement sereine, où l’engagement solidaire ne se fait jamais au détriment de votre sécurité financière personnelle.

Comment déduire 18% ou 25% de votre investissement GreenTech de vos impôts ?

Investir dans des entreprises à impact, notamment les jeunes pousses de la GreenTech, peut aller de pair avec un avantage fiscal significatif. Le dispositif IR-PME, souvent appelé « réduction Madelin », permet aux contribuables de réduire leur impôt sur le revenu en échange d’une souscription au capital de PME non cotées. Le taux de réduction standard est de 18%, mais il existe une niche fiscale particulièrement intéressante pour les investisseurs solidaires.

En effet, l’État a mis en place un coup de pouce pour encourager le financement des entreprises les plus vertueuses. Comme le confirme le portail officiel, pour toute souscription au capital d’une entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS), le taux de réduction d’impôt IR-PME est majoré à 25%. Ce taux bonifié, applicable aux versements effectués entre le 28 juin 2024 et le 30 septembre 2026, constitue un puissant levier d’optimisation. Cela signifie que pour 4 000 € investis dans une start-up GreenTech agréée ESUS, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt directe de 1 000 €, contre 720 € pour une PME classique.

Cet avantage est accessible notamment via les plateformes de crowdfunding (ou financement participatif) qui sélectionnent des projets éligibles. Pour en bénéficier, la démarche administrative est relativement simple, mais rigoureuse. Il est essentiel de bien conserver les justificatifs et de remplir correctement sa déclaration de revenus.

Voici les étapes clés pour déclarer votre investissement et obtenir la réduction d’impôt :

  1. Récupérer l’attestation fiscale : Après votre investissement, l’entreprise ou la plateforme de crowdfunding doit vous fournir un « état individuel de souscription ». Ce document est indispensable, il certifie le montant de votre versement et l’éligibilité de l’entreprise au dispositif.
  2. Remplir le formulaire 2042 RICI : Lors de votre déclaration de revenus en ligne ou papier, vous devez remplir l’annexe n°2042 RICI (« Réductions d’impôt – Crédits d’impôt »). Repérez la section « Souscription au capital de PME » et reportez le montant de votre versement dans la case correspondant à la nature de l’investissement (case 7CF pour une PME classique, 7CH pour une ESUS).
  3. Conserver les justificatifs : Vous devez impérativement conserver les titres (actions ou obligations) pendant au moins 5 ans pour ne pas perdre le bénéfice de la réduction. L’administration fiscale peut vous demander de produire l’attestation fiscale et tout autre justificatif durant cette période.

Cet arbitrage fiscal intelligent transforme une partie de votre impôt en un investissement direct dans l’innovation durable, augmentant d’autant le rendement global de votre placement.

Les points clés à retenir

  • Les fonds 90/10 combinent une poche de 90% en quête de rendement financier et une poche de 10% solidaire et décorrélée, ce qui stabilise la performance globale.
  • L’agrément ESUS est une garantie d’impact social bien plus forte que le statut « d’entreprise à mission » et ouvre droit à des avantages fiscaux supérieurs.
  • Structurez votre épargne en « pyramide de liquidité » : ne placez jamais votre épargne de précaution dans des produits bloqués à long terme, même solidaires.

Comment investir dans les start-ups de la French Tech Green20 sans être un Business Angel millionnaire ?

L’idée d’investir dans la prochaine pépite de la technologie verte, une de ces start-ups innovantes labellisées « French Tech Green20 », peut sembler réservée à des investisseurs professionnels ou des « Business Angels » disposant d’un capital important. Pourtant, le paysage de l’investissement s’est considérablement démocratisé. L’accès des particuliers au « non coté » (les entreprises qui ne sont pas en bourse) est en plein essor. Selon l’étude France Invest 2025, l’accès des épargnants particuliers au non coté a levé 3,1 milliards d’euros en 2025, avec des tickets d’investissement parfois très accessibles.

Deux grandes voies s’offrent à l’investisseur particulier souhaitant flécher son épargne vers ces jeunes entreprises innovantes, chacune avec ses avantages et ses inconvénients : l’investissement direct via le crowdfunding et l’investissement indirect via des fonds spécialisés (FIP/FCPI).

  • L’investissement direct (crowdfunding) : Des plateformes comme Tudigo ou Lita.co permettent d’investir directement dans le capital de start-ups soigneusement sélectionnées. Vous choisissez vous-même les projets qui vous parlent le plus, avec des tickets d’entrée dès 100€. L’avantage est la connexion forte avec le projet, mais le risque est très concentré sur une seule entreprise.
  • Les FIP/FCPI « Green » : Les Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) et les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI) sont des fonds gérés par des professionnels qui investissent dans un portefeuille diversifié de PME régionales ou innovantes. Le risque est dilué sur 15 à 30 entreprises, mais le ticket d’entrée est plus élevé (souvent 5 000€ minimum) et vous n’avez pas le choix des entreprises financées.

Le choix entre ces deux stratégies dépend de votre profil de risque, de votre budget et de votre désir d’implication. Le tableau suivant vous aidera à y voir plus clair.

Investissement direct vs FIP/FCPI Green : quelle stratégie choisir ?
Critère Investissement direct (crowdfunding) FIP/FCPI Green
Ticket minimum À partir de 100€ (certaines plateformes) Généralement 5 000€ minimum
Choix des projets Vous sélectionnez chaque start-up individuellement Le gérant sélectionne et diversifie pour vous
Diversification Faible (investissement concentré) Élevée (15 à 30 entreprises par fonds)
Connexion émotionnelle Forte : suivi direct, sentiment d’aventure Faible : gestion déléguée, peu de visibilité
Réduction d’impôt IR-PME 18% (ou 25% si ESUS) 18% à 25% selon composition du fonds
Transparence Élevée : accès aux business plans, updates réguliers Moyenne : rapports annuels, composition parfois opaque
Frais de gestion Commission plateforme unique (5-10% du montant levé) Frais de gestion annuels (2-3% des encours) + frais d’entrée
Risque de perte en capital Très élevé et concentré Élevé mais dilué par la diversification
Liquidité Nulle jusqu’à exit (5-10 ans) Nulle jusqu’à liquidation du fonds (8-10 ans)

Pour passer à l’action, l’étape suivante consiste à explorer les plateformes de crowdfunding spécialisées dans l’impact et à analyser les projets qui correspondent à la fois à vos valeurs et à votre budget d’investissement à risque.

Comment fonctionne le partage d’intérêts avec une association via votre livret bancaire ?

Au-delà de l’épargne salariale et de l’investissement en capital, il existe une forme d’épargne solidaire plus simple et accessible à tous : les produits de partage. Le mécanisme le plus connu est celui des livrets d’épargne de partage. Contrairement à un fonds 90/10 où votre capital finance directement des entreprises, ici, c’est une partie des intérêts générés par votre épargne qui est reversée à une association partenaire.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Comme vous pouvez le constater, ce mécanisme transforme un rendement financier en soutien direct pour le secteur associatif.

Le fonctionnement est simple :

  1. Vous ouvrez un livret d’épargne de partage auprès d’une banque qui propose cette option (banques mutualistes, banques en ligne engagées…).
  2. Vous choisissez, dans une liste proposée par la banque, l’association que vous souhaitez soutenir.
  3. Chaque année, vous décidez de reverser une partie (généralement 25%, 50%, 75% ou 100%) des intérêts annuels de votre livret à cette association.

L’avantage principal de ce produit est sa liquidité totale : votre capital reste disponible à tout moment, comme sur un livret classique. C’est le produit solidaire idéal pour l’épargne de précaution. De plus, le don que vous effectuez via vos intérêts donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu (généralement 66% ou 75% du montant du don, selon la nature de l’association). Ce mécanisme de l’épargne bancaire solidaire est en croissance, témoignant de son attrait pour les épargnants en quête de simplicité. Il est important de noter que ce type de placement est différent des fonds 90/10, car le capital lui-même n’est pas « investi » dans des projets solidaires mais reste géré par la banque.

Cette option, bien que différente dans son mécanisme, représente une excellente porte d’entrée vers l’épargne solidaire, permettant de transformer le rendement de votre argent disponible en un soutien concret et régulier au monde associatif.

Rédigé par Camille Vasseur, Experte certifiée en comptabilité carbone et stratégie RSE. Diplômée en Finance Durable, elle guide les entreprises vers les labels B Corp et LUCIE. Elle cumule 12 ans d'expérience dans l'audit extra-financier et la transformation durable.